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Risques et rendement

Investissement : 8 biais psychologiques à repérer avant d’agir

Carnet et documents posés sur un bureau, évoquant la réflexion avant une décision d’investissement.

Investir ne repose pas seulement sur des chiffres. Les émotions, les habitudes et les informations que vous retenez peuvent aussi influencer vos décisions, parfois sans que vous en ayez conscience.

Un biais psychologique est une tendance de raisonnement qui peut conduire à interpréter une situation de manière partielle. Le repérer ne permet pas de prévoir les marchés, mais peut aider à prendre du recul avant de modifier une épargne investie.

Huit biais qui peuvent influencer vos décisions

1. L’aversion à la perte

L’aversion à la perte désigne la tendance à ressentir une perte plus fortement qu’un gain de même montant. Vous pourriez, par exemple, hésiter à vendre un placement en baisse, même si votre situation ou votre objectif a changé, uniquement pour ne pas constater la perte. À l’inverse, une baisse temporaire ne suffit pas, à elle seule, à conclure qu’il faut vendre.

2. Le biais de récence

Le biais de récence consiste à accorder davantage d’importance aux événements les plus récents qu’aux évolutions de plus long terme. Après une forte hausse, un placement peut sembler particulièrement attractif ; après une baisse, il peut paraître durablement risqué. Ces impressions ne préjugent pas des performances futures : le rendement passé ne garantit pas les résultats à venir.

3. Le biais de confirmation

Le biais de confirmation pousse à privilégier les informations qui confortent une opinion déjà formée et à moins considérer celles qui la contredisent. Si vous pensez qu’une entreprise ou un secteur va progresser, vous pouvez retenir surtout les nouvelles positives et négliger des difficultés financières ou des risques. Comparer des sources et examiner les arguments opposés aide à élargir le regard.

4. L’effet d’ancrage

L’effet d’ancrage apparaît lorsqu’un chiffre connu devient un point de référence, même s’il n’est pas pertinent pour décider. Le prix auquel vous avez acheté un titre, par exemple, peut vous inciter à attendre qu’il revienne à ce niveau avant de réévaluer votre choix. Or, ce prix passé ne détermine ni la valeur actuelle du placement ni son évolution future.

5. Le comportement grégaire

Le comportement grégaire désigne la tendance à suivre les choix d’un groupe, parce qu’ils semblent rassurants ou parce qu’ils sont très visibles. Vous pouvez être tenté d’investir dans un actif souvent cité dans les médias sans avoir vérifié son fonctionnement, ses frais ou son niveau de risque. La popularité d’un placement ne garantit ni sa qualité ni son adéquation à votre horizon de placement.

6. L’excès de confiance

L’excès de confiance consiste à surestimer ses connaissances ou sa capacité à anticiper les marchés. Quelques décisions qui se sont révélées favorables peuvent donner l’impression que vous maîtrisez mieux les risques que vous ne le faites réellement. Garder une trace des raisons de vos choix et des incertitudes associées peut aider à distinguer une méthode réfléchie d’un résultat dû au hasard.

7. La comptabilité mentale

La comptabilité mentale consiste à traiter différemment des sommes d’argent selon leur origine ou l’usage qu’on leur attribue. Une somme reçue en cadeau peut sembler plus facile à risquer que le reste de votre épargne, alors que sa perte aurait elle aussi des conséquences. Pour évaluer un placement, il est utile de considérer l’ensemble de votre situation financière, notamment l’épargne de précaution et les projets prévus.

8. L’effet de disposition

L’effet de disposition décrit la tendance à vendre rapidement les placements en hausse pour concrétiser un gain, tout en conservant plus longtemps ceux qui baissent dans l’espoir d’un retour à leur prix d’achat. Cette réaction peut détourner l’attention des objectifs initiaux, des frais et de la répartition globale de l’épargne. Une décision mérite d’être réexaminée à partir de critères définis à l’avance, plutôt qu’en fonction du seul gain ou de la seule perte affichés.

Prendre du recul avant de décider

Ces biais ne touchent pas tout le monde de la même façon et ne déterminent pas automatiquement une mauvaise décision. Ils rappellent toutefois qu’une réaction immédiate n’est pas toujours le meilleur point de départ pour évaluer un placement.

Avant d’agir, vous pouvez préciser votre objectif, votre horizon de placement et le niveau de risque que vous acceptez, puis vérifier les caractéristiques et les frais du support. Une comparaison méthodique ne supprime pas l’incertitude : tout placement comporte des risques, dont une possible perte en capital. Elle peut cependant vous aider à choisir en connaissance de cause, selon votre situation.